vendredi 29 janvier 2010
mardi 26 janvier 2010
Le "Grenelle de l'Environnement Asniérois" de l'UMP, une nouvelle opération de com'...
Voici la réponse que j'ai transmis au Parisien :
"Suite à la brève que vous avez publié ce jour à propos de l'Agenda 21 asniérois, j'aimerais réagir sur deux points mis en exergue par l'opposition.
Vous indiquez dans un premier temps que l'opposition a mis en place il y a cinq mois de cela un Grenelle de l'environnement asniérois, "vaste remue-méninges écolo".
Au delà du fait que nous considérons cette initiative comme particulièrement opportuniste au lendemain d'élections européennes qui ont vu l'émergence d'Europe Écologie, nous ne souhaitons pas cantonner le débat sur l'environnement à des réunions d'élites locales mais l'élargir à toute la population de notre commune qui conserve, à nos yeux, l'expertise d'usage et de terrain de leur ville.
Nous avons ainsi fait le choix d'adopter une démarche participative conformément aux préconisations du sommet de la Terre de Rio en 1992, chapitre 28 (http://www.un.org/french/ga/special/sids/agenda21/action28.htm)."
J'avais, de plus, été interpellé en conseil municipal par l'opposition qui souhaitait un débat dans ce même conseil sur notre politique environnementale.
Encore une fois, l'opposition veut limiter le débat à quelques élus ou "élites" locales et démontre clairement sa vision réductrice et opportuniste de la question environnementale.
La seule proposition de l'opposition en matière environnementale a été d'installer Vélib' à Asnières... Encore une fausse bonne idée car le Conseil d'Etat a limité l'extension du réseau Vélib' à une couronne de 1500m autour de la capitale(http://www.conseil-etat.fr/cde/fr/communiques-de-presse/extension-du-reseau-velib.html).
Mais bon, toute opération de com', aussi mensongère soit elle, est toujours bonne à prendre...
Pour en finir, j'attends encore une véritable participation de l'opposition à nos réunions Agenda 21 comme je l'y ai déjà invité en conseil municipal.
Aucun élu UMP n'a daigné se déplacer à la réunion au Centre Robert Lavergne.
A vous de juger...
Laurent Guillard
Asnières lance son Agenda 21!
Un Agenda 21, "qu'est-ce donc?" me direz-vous.
L'Agenda 21 est un projet global et concret, dont l'objectif est de mettre en oeuvre progressivement et de manière pérenne le développement durable à l'échelle d'un territoire. Il est porté par la collectivité et mené en concertation avec tous ses acteurs : élus et personnels, habitants, associations, entreprises, structures déconcentrées de l'Etat, réseaux de l'éducation et de la recherche.
Il se traduit par un programme d'actions visant à améliorer la qualité de vie des habitants, économiser les ressources naturelles et renforcer l'attractivité du territoire.
Cela va se traduire à Asnières par des réunions de sensibilisation en janvier 2010 puis une plénière le 15 février 2010 à 20h à la mairie.
Les habitants pourront à ces occasions s'inscrire dans cette démarche que nous avons résolument souhaité participative. Ils pourront définir une stratégie décrivant les objectifs à court, moyen et long termes, les méthodes et les moyens d'actions proposés, les acteurs et les partenaires impliqués ainsi que les critères d'évaluation.
Cet Agenda 21 doit être celui de tous les Asniérois. Venez nombreux!
Laurent Guillard
lundi 18 janvier 2010
Comment l'UMP invente "l'écologie populaire"
Comment l'UMP invente "l'écologie populaire"
Comment la droite a inventé “l’écologie populaire”, avec pour objectif la présidentielle 2012.
Conseil national de l’UMP, 28 novembre dernier. Nicolas Sarkozy lance “l’écologie populaire”, une semaine avant le sommet de Copenhague. Le chef de l’Etat veut profiter de cette vitrine médiatique pour sculpter son image de président écolo. Un tournant dans la stratégie électorale de l’UMP, jusqu’à présent très marquée à droite. En lançant l’assaut sur la niche écolo, le parti présidentiel met l’environnement au centre de sa stratégie de conquête du pouvoir et fait contrepoids à la droitisation.
Sondages et enquêtes d’opinion décrivent une société française convertie à l’écologie. Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d’Opinionway, confirme : “La sensibilité aux questions environnementales a dépassé le clivage droite/gauche et touche aujourd’hui tous les milieux sociaux.” Les Verts nouvelle génération, emmenés par Daniel Cohn-Bendit, ont remis l’écologie au centre du jeu politique et sorti les écolos de l’ornière de la gauche de la gauche.
Et ça marche : 16 % pour Europe Ecologie aux européennes, des voix piquées de tous côtés, même à droite, comme l’explique Bruno Jeanbart : “En juin dernier, aux Européennes, 5 % des électeurs ayant voté Sarkozy au premier tour en 2007 ont voté Europe Ecologie. En décembre, en Ilede- France, 11 % des électeurs ayant voté Sarkozy au premier tour en 2007 déclaraient avoir l’intention de voter pour la liste Europe Ecologie emmenée par Cécile Duflot.” Les déçus de la droite ont moins de scrupules à voter écolo que socialo.
Diviseur de la gauche dans un premier temps, Europe Ecologie donne aujourd’hui des sueurs froides à l’UMP. Le déclic : la législative partielle de Rambouillet (Yvelines) en septembre. Le candidat UMP emporte la circonscription avec seulement cinq voix d’avance face à la candidate écolo, là où Christine Boutin avant lui l’avait emporté avec dix points d’avance. Il fallait réagir pour garder les électeurs écosensibles et ramener dans le giron de l’UMP les écologistes indépendants (4 % des voix aux Européennes) afin de maximiser le rassemblement au premier tour des régionales et réserver aux Verts le même sort qu’au Front national.
Le lendemain de la législative, le chef de file de l’UMP,Xavier Bertrand, demande à la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie Chantal Jouanno de rédiger en urgence une note définissant la doctrine écologique de droite : il faut capitaliser sur les réalisations du ministère et reprendre la main perdue depuis juin. L’effet Grenelle s’est essoufflé. Depuis septembre, Sarkozy tient bon sur la taxe carbone, un projet impopulaire dans sa majorité et chez les Français. Il veut en faire son “marqueur” écolo. Il a les réformes, il faut l’habillage. Jouanno reprend le nom du club fondé par sa prédécesseur Nathalie Kosciusko-Morizet, et par le député UMP Eric Diard, “Ecologie populaire”. “Eux, ils prônent la décroissance, une sobriété énergétique. Nous, on croit dans les progrès technologiques, dans la croissance verte et dans la nécessité du nucléaire”, explique ce dernier.
Le cabinet de Jouanno oppose une écologie de l’action, responsable et pragmatique, à une écologie idéologique, rêvée et incantatoire. Proche du peuple contre une écologie au service des bobos. Au Conseil national de l’UMP, Sarkozy ne fait pas dans la subtilité : “Quand j’entends les écologistes dirent qu’ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, je me demande : est-ce qu’ils savent qu’il y a du chômage, de la misère dans le monde, qu’il y a près d’un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim ? Et que la décroissance veut dire plus de misère, plus de chômage ?”
Ecologie populaire ? “Opération marketing” pour Jean-Vincent Placé, numéro 2 des Verts. “Pirouette” pour Cohn-Bendit, qui tacle au passage la gauche des Verts : “La droite a une posture de dénonciation contre les élites, la même que les gauchistes des Verts quand ils parlent eux aussi d’écologie populaire.” “Aucun sens” pour Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement de Chirac, qui estime que “l’écologie de droite est un néoconservatisme qui fait de la croissance verte un nouveau talisman”.
Le nucléaire ? “Incompatible avec le développement soutenable.” “Projet incohérent” pour l’eurodéputé Europe Ecologie Pascal Canfin. La loi Tepa (bouclier fiscal) et la société bling-bling lui paraissent moyennement écocompatibles. Il fustige la caricature de la droite : “La décroissance, c’est un faux procès. Nous voulons changer d’indicateur. La droite soumet la réduction de l’empreinte écolo aux profits et refuse d’affronter un certain nombre de lobbies.”
C’est en substance ce qu’a exprimé le Conseil constitutionnel en retoquant la taxe carbone le 29 décembre dernier. La réforme “révolutionnaire” de Sarko, déjà très allégée, comporte trop d’exceptions. Près de 50 % du carbone émis en France n’était pas taxé : professionnels de la route, agriculteurs, pêcheurs, plusieurs types d’industrie… L’adoption du texte est renvoyée après les régionales. Revers majeur pour la stratégie électorale de la droite et grosse colère d’un Sarkozy rentré bredouille de Copenhague. Le volontarisme écolo de Sarko s’effrite et laisse place à l’affichage, d’autant plus que le Grenelle II patine, coincé dans les tuyaux législatifs. Les idées des Verts risquent d’être plus compliquées à siphonner que celles du FN.