mercredi 1 décembre 2010

Un homme est décédé hier matin à Colombes après avoir reçu deux décharges de pistolet électrique lors de son interpellation par la police.

Le décès d'un malien sans-papiers à Colombes hier matin après avoir été neutralisé par, au minimum, deux décharges d'un pistolet à impulsion électrique repose la question des moyens mis à disposition de la Police Nationale.
Clairement, j'estime que l'utilisation de ce type d'arme, qui devrait être considérée comme une arme létale, n'est pas la solution en matière de maintien de l'ordre.
Son utilisation qui, à l'origine, avait un objectif vertueux, à savoir la protection des individus, contrevenants comme forces de l'ordre, a été détournée.
Malgré le rapport d'Amnesty International incitant les gouvernements du monde entier à restreindre l’utilisation des pistolets à impulsions électriques de type Taser et autres pistolets paralysants et le classement de ce type d'arme par le règlement européen n° 1236/2005 parmi les armes susceptibles d’être utilisées pour infliger la torture , le gouvernement a choisi de persister dans une politique sécuritaire aveugle.
Le retour timide à un début de police de proximité par la mise en place des Brigades Spéciales de Terrains (BST), anciennement UTeQ(Unité Territoriale de Quartier) démontre une certaine confusion de la part de nos gouvernants.
Comment croire à cette politique du tout sécuritaire quand nos agents de la Police Nationale doivent "bricoler" au quotidien et avec des moyens et des effectifs limités pour assurer la sécurité de nos concitoyens? Et ce, avec le risque de voir d'intolérables événements comme hier à Colombes?

Ci-dessous, vous trouverez l'interview de Noël Mamère donné au JDD.fr à propos de ce triste fait divers :

Mamère: "Le décès est lié aux effets du Taser"

Suite au décès d'un Malien interpellé au Taser dans la nuit de lundi à mardi à Colombes (Hauts-de-Seine), le député d'Europe Ecologie - Les Verts, Noël Mamère, annonce au JDD.fr qu'il va une nouvelle fois déposer une proposition de loi visant à interdire le Taser. "Nous n'allons pas laisser les choses impunies", s'insurge l'avocat, qui a défendu le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot, lors de son procès contre la société Taser.


Un homme est décédé suite à une interpellation au Taser. Quelle est votre réaction?
Cela prouve bien que nous avions eu raison [les Verts, ndlr] de déposer une proposition de loi, en juillet 2009, visant à interdire le Taser, tant au niveau de sa commercialisation que de sa distribution à la police municipale. Cette proposition de loi n'a malheureusement pas été suivie d'effets. Je suis intervenu à plusieurs reprises sur le sujet ces dernières années: en ouvrant les portes de l'Assemblée nationale en 2007 à Olivier Besancenot pour une conférence de presse intitulée "Halte au Taser", lorsqu'il avait été attaqué en diffamation par la société Taser alors qu'il n'avait fait que reprendre le rapport d'Amnesty international. Puis en le défendant lors de son procès. Les Verts se sont également battus dans l'hémicycle pour interdire l'utilisation du Taser contre les attroupements ou lors de manifestations… Contrairement à ce qu'affirme la société qui le fabrique, le Taser est une arme létale, qui peut entraîner la mort.

«La politique ultra-sécuritaire du gouvernement montre ses limite»

Justement le patron de Taser France, Antoine di Zazzo, dit attendre l'autopsie, arguant qu'à ce jour ce pistolet n'a jamais tué…
Il faudrait quand même qu'Antoine di Zazzo ne dise pas qu'un stylo est blanc lorsqu'il est noir… Je ne dis pas que le Taser a directement tué cet homme, mais bien que son décès est lié aux effets de cette arme. Aujourd'hui, nous n'avons pas besoin de Taser pour arrêter les gens. Ce n'est pas une solution. C'est même, au contraire, une faute. Plus qu'une faute!

Qu'allez-vous faire?
Le gouvernement mène une politique ultra-sécuritaire qui est en train de montrer ses limites. Après les flashballs, le Taser, ce seront bientôt des drones qui surveilleront les manifestations! Nous n'allons pas laisser les choses impunies. La mort pour rien de ce Malien est une raison supplémentaire de revenir à la charge. Nous allons une nouvelle fois déposer une proposition de loi visant à interdire le Taser.

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